Another Word for Settle
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![re pour les lecteurs du zine), il mangue dans Rattache- ‘ments la proposition selon laquelle le retour des terres au communautés autochtones, «Land Back» au sens littéral et matériel du terme, est une picee centrale de la lute Geologique, et devrait étre priorisé face aceélération dun retour a la terre par les colons. Dans le Land Back Red Paper publié en 2019 par Ulnstitut Yellowhead, les au. teur.e.s nous disent que <la question du retour de la terre [Land back] n’est pas seulement une question de justice, de droits ou de “réconciliation”; I juridiction autochtone peut en eifet contribuer atténuer la perte de biodiversi- t6 et la erise climatique. [...] La gestion a long terme des permet une réévaluation, une planification et une adaptation constantes». Cela conduit 2 une protection efficace de la biodiversité et 2 un espoir contre le change- ment elimatique grice 4 des visions du monde culturelle- ment spécifiques, transmis par une présence avec et dans Le fait que les colons développent ds piritu- clles ou affectives) avee le territoire qu’ils occupent n’est pas une condition préalable nécessaire a la décolonisation Le fait que les colons décident de prioriser Iétablissement de ces nouvelles relations avee la terre ne nous rapproche pas de la décolonisation. En posant les relations spiritu- elles ou affectives des colons avec la terre comme un Glé. ment important des luttes anticoloniales, on détourne et déforme notre capacité 4 se concentrer sur les problem beaucoup plus centraux posés par PEtat colonial canadien La dépossession territoriale des peuples autochtones est un élément partiel, mais erucial, de la lutte contre le colo- nialisme et contre les changements climatiques. Indépen- damment des visées politiques des colons, nos relations avee le territoire sont le plus souvent construites sur une tactique de propriété fonciere, en raison de la relative s ou au capital social 10](another-word-for-settle 10.png)

![reste un Geuedl important." « Notre but est I’établissement de territoires libérés — le prolongement, de loin en loin, de zones ingouvernables. De lignes de faille parcourant IAmérique et conduisant vers le haut lieu de Pautono- mie>. Tout comme les colons lors de la conquéte de Ouest américain, les auteur.e.s d’nhab- it proposent une meilleure maniere d’utiliser le territoire et suggerent de transformer, a leur image, les espaces qui ne sont pas encore mis au service de leur révolution. En dautres termes, on peut lire les auteur.e.s d’Inhabit con- me mettant de F’avant leur propre vision de la Destinée ‘manifeste’ : Iespansion de leur rapport au territoire, d lignes de faille se déplagant sans entraves 4 trave vaste Amérique du Nord vide et non-revendiquée. Peut- &tre en suivant les chemins de fer qui les ont précédés une mblent incapables ou peu inter- a problématiser le contexte colonial américain. A Texception de la mention d’un interaction fortuite entre familles autochtones dans des contextes ot ils sont déja des camarades, les questions de la race et du colonialisme sont absentes de leur texte. La réticence des auteur.e.s A s’engager face aux communautés autoch- tones et au contexte colonial dans lequel ils sinscrivent trahit leur compréhension coloniale du territoire. En proposant une expansion du territoire sans se soucier d revendications territoriales préexistantes qui recouvrent déja ce continent,’ Inhabit interpelle ses lecteur.trice.s & partir de imaginaire du projet national de IEtat coloni- sateur amdricain: from sea to shining sea [la référence a limaginaire national disparait dans la traduction québé- coise]. « Construire linfrastructure qu’il faut pour sous- traire le territoire A PEconomie», pressent-ils. Mais la terre n’a jamais 6té qu’un simple territoire, et les colons qui Toceupent ont bien plus souvent donné N’impression de la soustraire aux peuples autochtones qua I’économic. 1I sul 2](another-word-for-settle 12.png)

















Another Word
for Settle
ttachments et Inhabit
Clest a Thiver 2020, au lendemain du soulevement anti-
colonial le plus inspirant de ma vie, que jai lu Rattache-
ments' et Inhabit (traduit par Habiter dans la version
québécoise).? Les trains avaient recommencé A rouler &
travers le pays, et la COVID-19 commengait & réorgani
nos vies, quelques semaines seulement aprés que nous
ayons fait notre petite part dans le mouvement #Shut-
DownCanada. A Tio'tia:ke (Montréal) et dans ses environs
13 oi je vis, il y a eu de nombreuses initiatives
des Autochtones, notamment des rondes de solidarité qui
ont blogué la circulation au centre-ville, et bien sar le blo-
cage d qui traversent Kahnawike qui s'est
Sur ile et autour, lengag
ment des colons dans #ShutDownCanada a pri
formes, notamment le sabotage clandestin d'infrastruc-
tures ferroviaires, des manifestations et du vandalisme sur
les propriétés de la GRC et de multiples blocages de voies
ferrées, dont 'un a duré quelques jours
s voies ferré
Apres ces Gvénements, la lecture des propositions
amenes par Inhabit et Rattachements a 6té particulidre-
ment déstabilisante. Ces deux textes sont des représen-
tations d'une pensée politique issue de communautés
aux Etats-Unis et du Québec, fortement influencée par
les derits du Comit¢ Invisible en France et par les mou-
vements autonomistes européens. Cette tendance poli-
tique est parfois qualifice de tigqunienne, d'appeliste ou
dautonomiste. Il s'agit d'une orientation politique qui
a beaucoup d'influence sur une frange de ceux et celles
qui ont participé a Porganisation des actions initices par
des colons' a Montréal I'hiver dernier, et ces deus text
emblent étre des points de référence importants pour ces
Malheureusement, le début de la pandémie a
Gtouifé ce qui aurait pu étre une oceasion d'analyser plus
en profondeur certaines des différences politiques entre
ceus et celles d'entre nous qui se sont orgar
ble cet hiver-a. Je voudrais clarifier mon désaccord avee
la stratégie anticoloniale (ou bien absence de) mise de
Tavant par Inhabit et Rattachemens. Fespére que lors des
futurs moments de solidarité et de coalition large comme
celui que nous avons véeu hiver dernier, nous pourron:
avoir une meilleure compréhension des limites de notre
s ensem-
potentiel de collaboration. Jespere également que Pen-
gagement eritique & Iégard de lanaly
proposée par ces
¢ dont ils influencent la
solidarité anticoloniale qui guide les actions
années a venir.
textes arrivera limiter la mani
stratégie de s
Rattachements
Slopposant aux courants dominants de la lutte éeologiste
(d'un coté les militants qui demandent au gouvernement
agir pour sauver Penvironnement, et de autre les indivi-
dus qui modifient leurs pratiques de consommation pour
faire de méme), les auteur.c.s de Rattachements proposent
une nouvelle approche pour faire face 4 la crise envi-
ronnementale et au capitalisme colonial. Cette nouvelle
approche consiste 2 bitir une «écologie de la prés
par la cons Les auteur.e.s
le projet de reconnexion ave ce qui «leur a éié arraché»
dans un sens i la fois matériel et spirituel. Ils souhait-
ent habiter véritablement le territoire, a partir duquel ils
ence »
ruction de communes
pourront s'attaquer aux rouages du capitalisme tout en y
construisant de nouvelles formes de vie. Leur compréhen-
sion du probleme repose sur le précepte quils n'ont pas
choisi détre jetés dans un monde voué & sa propre de-
struction, un monde structuré par le capitalisme colonial
dans lequel leurs <affects sont capturés » et leur lien avee
la terre a 6té rompu.
Les auteur.e.s avancent que « défendre les territoires veut
nécessairement dire apprendre 2 les habiter et invers
ment, habiter vraiment nécessite de défendre les terri-
affirment que leur rattachement a la
terre est un préeurseur et une partie intégrante de la lutte
anticoloniale. Une « Geologie de la présence », éeriventils,
se retrouve dans le rapport entretenu entre les peuples
autochtones et leurs territoires, notamment dans la résis
tance des zapatistes contre le gouvernement mexicain et
a travers I'autonomie matérielle et territoriale Kanien'k
hatka. Cependant, des le départ, les auteur.c.s rejettent
la position sociale comme outil d’analyse. Ils semblent
penser que leur propre leur posture de sujets au sein de
systemes de domination n'est pas pertinente pour leur
analyse ou pour Iélaboration de leurs stratégies de résis
tance contre ces systémes. Les auteur.e.s sont pourtant
des colons qui s'adressent (prineipalement) a d'autres co-
Labstraction quils emploient
vent en disant que «c'est lorsque des commu-
ritoire, de cette forét, de cette riviere, de ce bout de quart-
ier, et quelles sont prétes a se batire, que la possibilité
politique de I'écologie apparait clairement». Cette décla-
ration peut facilement étre comprise comme un appel aux
colons 2 se définir comme faisant partie du territoire s’
veulent pouvoir le défendre, ou tout le moins, se poser
sur un pied d'égalité avee les Autochtones lorsqu'il s'agit
de penser & quoi devrait ressembler lavenir du territoire
colonial. Que ce soit intention ou non, eela ouvre la porte
a comprendre Pauto-autochtonisation des colons comme
une stratégie décoloniale. Dans une société fondée sur
le colonialisme de peuplement comme le Québee ou le
Canada, PEtat existe en grande partie pour garantir lac-
ala terre, et les Autochtones sont toujours
une menace pour cet acces. C'est la fois Ihistoire pas
et actuelle de toutes les sociétés de colons. Nous n'avons
pas & chercher bien loin pour trouver des exemples oit un
rapport au territoire se rapprochant d'une « Geologic de
la présence » a Gt efficacement mis en pratique par de
colons contre les population:
Prenons, par exemple, Thistoire d
Mi'kma'ki (dans les montagnes Chic-Chocs en Gz
nent) qui, en 2004, se mobilisaient déja con-
on de Texploitation forestitre dans la région
et qui, ayant chassé sur le territoire pendant un certain
temps et se sentant plutét liés au territoire (voir «faisant
partie du territoire »), étaient confrontés 4 une nouvelle
menace : établissement d'une « zone contrdlde par les
Mikmaq qui offrirait des activités de plein air payantes »
(une «pourvoirie»). Ce nouveau projet menagait leur
capacité a chasser gratuitement. En réponse i cela, alors
qu’ saient dans une « tente communautaire »
sur le territoire, les chasseurs blanes ont concocté un
plan pour s'identifier en tant qu'Autochtones afin de
legitimer leurs revendications de rattachement 2 la terre.
s ont fondé une organisation qui allait étre appelée la
Nation métisse du Soleil levant, et ont réussi a empécher
la eréation de la pourvoirie.® Cette histoire n'es
ception en Amérique du Nord, mais plutdt un exemple
dun phénomene répandu o les colons, se sentant tres
attachés A la terre sur laquelle ils vivent (et ayant méme
parfois des penchants communaux), se sentent pouss
a défendre leur controle sur le territoire envers ce qui le
s se réu
€ pas une
e
menace, incluant les Autochtones ayant leurs propr
revendications et relations préexistantes i ce méme terri-
toire. Cela implique souvent de revendiquer une identité
autochtone, mais ce est pas foreément le cas
sition continue des terres par les
ment de Tidée que la terre leur appartient est au coeur de
Tavancement du colonialisme, que la possession soit bas
sur la propriété (j'ai I'acte de propriété et done c’est 4
moi) ou la spiritualité (je connais la terre, je me sens i
la terre, et done 'y ai ma place),
mais
En examinant d'autres context
r davantage d'exemples des s posés par
at de projets communaux entrepris avee de:
objeetifs politiques radicaus. Le mouvement des kibboutz
en Palestine, par exemple, raconte Phistoire de communes
auto-organis a partir du début des années 1900,
lors de I deuxiéme vague darrivée de colons juifs fuy-
ant les pogroms d’Europe de IEst. Les colons du premier
kibboutz avaient des idéaux anarchistes dégalitarisme,
rejetaient la «structure socio-Geonomique dexploitation »*
des fermes Gtablies par la premiere vague de colonisation,
et espéraient miner Iéconomie capitaliste en développant
leurs communes. IIs ont cherché a établir «une commu-
nauté coopérative sans exploiteurs ni exploités»,* ce qu’
ont fait en 1910 aprés avoir obtenu Iacces a de
«qui avaient 6té récemment achetées par la Pal
Land Development Company au Fonds national juif>.”
Cette premicre ferme a connu un tel suceds que « bientdt,
des kvutzot ont 6t¢ eréds partout oi des terres pouvaient
atre achetées ».* Ces communes, tout en se considérant
comme une alternative viable et une menace considérable
pour le mode de production eapitaliste, servaient égale
ment la colonie sioniste de Palestine. Aujourd'hui, elles
sont communément considérées comme une partic impor-
tante de Ihistoire nationale d'Israél, et environ 270 colo-
nies existent toujours (bien que leur organisation interne
et leur caractere anarchiste se soient considérablement
transformés) dans le territoire oceupé. Il est clair que s
les idéaux anarchistes et anticapitalistes projets
peuvent étre inspirants, le contexte colonial appelle &
préter attention aux impacts de la colonisation sur les
peuples autochtones, et pas seulement aux idéaux ou a la
politique interne des communes.™
de ces
Land back ou Retour ala terre?
Lanalyse proposée par Rattachements s'appuie sur une
compréhension du monde selon laquelle les colons ont
édés de leur rapport au territoire,
woir. Cest sur la base de ce prin-
s auteur.e.s tentent d'inciter d'autres colons
er & Paction. Le zine, éerit et circulant dans des
ociaux dominés par des colons blanes aux poli-
tiques radicales varices, postule que la solution a la erise
Geologique réside dans la capacité de ces milieux (11 en-
core, principalement des colons) 4 eréer des communes.
Ces communes pourront alors établir une autonomic
matérielle et politique en rendant les espaces (terrains
friches, batiments, églises, maisons et pares) «habitables
En dautres term proposent de sinstaller
et de squatter en commun le territoire, qu'il ait déja été
i par d’autres colons ou non, en affirmant quil s'agit
dune nécessité stratégique plutot que d'un simple choix
de mode de vie.
les auteur..
Je crois moi aussi que le capitalisme est un s
aliene les un.e.s des
steme qui
autres et des étres vivants dont
dépendons. Et pourtant, je crois que nous devons
&tre plus spécifiques : le capitalisme colonial a créé un ter-
ritoire oit, dans Pensemble, les colons possedent les terres
et disposent des ressources ainsi que d'une relative liberté
pour établir divers rapports avee le territoire. Cela se fait
au détriment des peuples autochtones, qui ont été dépos-
sédés de leurs terres, de leu et spiri-
tualités, qui sont directement relié S terres et qui
orientent leurs relations au territoire. Rattachements sug-
gere quune partie crueiale de la lutte éeologique anti-
capitaliste/anticoloniale consiste & modifier les relatio
affectives et spirituelles que les colons entretiennent ave
le territoire, dans un contexte ot notre relation matérielle
avee la terre - celle de la propriété, de Pappropriation et
du vol - reste inchange et fondamentalement coloniale.
Un groupe de colons achetant ensemble une maison com-
munale en dehors de la ville dans le cadre d'une stratégic
décologie révolutionnaire a trés peu 4 voir avee la réoceu-
pation par les peuples autochtones de leurs territoires an-
cestraux. Ce deuxieme cas s'oppose directement au dével-
oppement colonial et 2 la destruction de Ienvironnement,
etil Sinserit dans une tradition de résistance autochtone
au déplacement et au génocide.” Le premier se reconnait
a tort comme partageant en quelque sorte quelque chose
avee cette tradition, alors qu'il est rendu possible par (et
se rapproche bien plus) des générations d'empietement et
dexpansion coloniale.
Ce qui brille par son absence dans le programme de lutte
éeologique proposé par Rattachements, c'est un appel
explicite i la restitution des terres aux communautés
autochtones. Au lieu de cela, ses auteur.c.s demandent
implicitement une présence acerue de leurs milieus (com-
posés majoritairement de colons) sur ces terres, en partic
pour arriver a potentiellement soutenir les luttes autoch-
tones. Malgré la reconnaissance du fait que dy
ont 16 volées (et Péloge des relations
autochtones et le territoire en tant qu'exemples 2 suiv-
re pour les lecteurs du zine), il mangue dans Rattache-
‘ments la proposition selon laquelle le retour des terres au
communautés autochtones, «Land Back» au sens littéral
et matériel du terme, est une picee centrale de la lute
Geologique, et devrait étre priorisé face aceélération
dun retour a la terre par les colons. Dans le Land Back
Red Paper publié en 2019 par Ulnstitut Yellowhead, les au.
teur.e.s nous disent que <la question du retour de la terre
[Land back] n'est pas seulement une question de justice,
de droits ou de “réconciliation”; I juridiction autochtone
peut en eifet contribuer atténuer la perte de biodiversi-
t6 et la erise climatique. [...] La gestion a long terme des
permet une réévaluation, une planification et une
adaptation constantes». Cela conduit 2 une protection
efficace de la biodiversité et 2 un espoir contre le change-
ment elimatique grice 4 des visions du monde culturelle-
ment spécifiques, transmis
par une présence avec et dans
Le fait que les colons développent ds piritu-
clles ou affectives) avee le territoire qu'ils occupent n'est
pas une condition préalable nécessaire a la décolonisation
Le fait que les colons décident de prioriser Iétablissement
de ces nouvelles relations avee la terre ne nous rapproche
pas de la décolonisation. En posant les relations spiritu-
elles ou affectives des colons avec la terre comme un Glé.
ment important des luttes anticoloniales, on détourne et
déforme notre capacité 4 se concentrer sur les problem
beaucoup plus centraux posés par PEtat colonial canadien
La dépossession territoriale des peuples autochtones est
un élément partiel, mais erucial, de la lutte contre le colo-
nialisme et contre les changements climatiques. Indépen-
damment des visées politiques des colons, nos relations
avee le territoire sont le plus souvent construites sur une
tactique de propriété fonciere, en raison de la relative
s ou au capital social
10
qui permettent Paceés 4 la terre. Je pense, par exemple
aux nombreux projets fonciers collectifs qui ont été lancé:
par des colons radicaux au soi-disant Québec, et q
pliquent tous la propriété de la terre. Penser a construire
une spiritualité fondée sur un rapport au territoire, mai
partir d'une propriété fonciere n'a pas
rapports coloniaux au territoire qui sont alors induits, et
non pas révolutionnaires. En d'autres termes, la relation
entre les colons et la terre doit d’abord étre transformée
matériellement, pas spirituellement ou affectivement. L
peuples autochtones ont déelaré que «Land Back» leur
donnera le pouvoir de reconstruire leur
. leurs langues, leur culture et leur autonomie. Clest la
ubstance méme de la décolonisation : il est crucial que
s peuples autochtones soient libres de se développer et
réapproprier leurs relations avee le territoire, plutot
colons ne prennent sur eus de le faire & leur place.
iim-
connaissanc
I
de
quel
Sur Inhabit et 'autonomie
territoriale des colons
s réscaus appelistes/
tiggunniens/autonomist sant Etats-Unis, le
désir du territoire est élargi. L'horizon articul dans In-
habit repose sur lextension et la multiplication des
communes isolées proposces dans Rattachements. Mai
contrairement A Rattachements, dont les auteur.c.s pré-
tendent étre engagé.c.s dans leur propre compréhension
dune politique anticoloniale, Inhabit warticule pas du
tout de politique anticoloniale. Ce n'est pas nécessaire-
ment surprenant, dans la mesure ob les politiques antico-
loniales semblent dtre moins prés
radicaux de colons aux Etats-Unis qu'au Canada, mais cela
entes dans les milieux
"
reste un Geuedl important." « Notre but est I'établissement
de territoires libérés — le prolongement, de loin en loin,
de zones ingouvernables. De lignes de faille parcourant
IAmérique et conduisant vers le haut lieu de Pautono-
mie>. Tout comme les colons lors de la
conquéte de Ouest américain, les auteur.e.s d'nhab-
it proposent une meilleure maniere d'utiliser le territoire
et suggerent de transformer, a leur image, les espaces qui
ne sont pas encore mis au service de leur révolution. En
dautres termes, on peut lire les auteur.e.s d'Inhabit con-
me mettant de F'avant leur propre vision de la Destinée
‘manifeste’ : Iespansion de leur rapport au territoire, d
lignes de faille se déplagant sans entraves 4 trave
vaste Amérique du Nord vide et non-revendiquée. Peut-
&tre en suivant les chemins de fer qui les ont précédés
une
mblent incapables ou peu inter-
a problématiser le contexte colonial américain. A
Texception de la mention d'un interaction fortuite entre
familles autochtones dans des contextes
ot ils sont déja des camarades, les questions de la race et
du colonialisme sont absentes de leur texte. La réticence
des auteur.e.s A s'engager face aux communautés autoch-
tones et au contexte colonial dans lequel ils sinscrivent
trahit leur compréhension coloniale du territoire. En
proposant une expansion du territoire sans se soucier d
revendications territoriales préexistantes qui recouvrent
déja ce continent,' Inhabit interpelle ses lecteur.trice.s &
partir de imaginaire du projet national de IEtat coloni-
sateur amdricain: from sea to shining sea [la référence a
limaginaire national disparait dans la traduction québé-
coise]. « Construire linfrastructure qu'il faut pour sous-
traire le territoire A PEconomie», pressent-ils. Mais la terre
n'a jamais 6té qu'un simple territoire, et les colons qui
Toceupent ont bien plus souvent donné N'impression de la
soustraire aux peuples autochtones qua I'économic. 1I sul
2
fit de se tourner vers le sud des Etats-Unis pour voir com-
ment, par exemple, le fait que des blancs squattent d
«vacantes» était une conséquence intentionnelle du
dattribution de terres aux Autochtones loin de
Etats-Unis comptaient sur le fait
que ces communautds seraient incapables d'empécher les
squatteurs de s'installer et de prendre possession de leurs
terres. «Que ce soit un espace dans le quartier ou une ca-
bane dans la forét. Squatter, s'il faut : un terrain, un local,
un immeuble abandonnd. 11 n'y a pas d'espace trop petit,
ni trop grand. » Inhabit réoriente la pensce et les straté.
gies en partant de contextes tres différents s (le
mouvement des squats en Europe, notamment) et tente de
mettre de lavant des stratégies supposément libératric
pour « habiter » Pespace qui ne font que renforcer Iacets
des colons 2 la terre et leur controle.
La fuite de I'identité
Dans un compte-rendu publié en octobre 2020 intitulé
Chasse a la chasse' (traduit par Hunting the Hunt dans
la version anglaise publice sur le site Territories dInhab-
it), les auteur.e.s (basé.e.s au Québec) reviennent sur le
temps qu'ils ont passé a soutenir |
ishinabeg qui luttent pour un moratoire sur la chasse
Torignal sur leur territoire. Ils concluent leur résumé de la
ituation par la réflexion suivante : «Ce serait une illusion
confinant a limpuissance de penser que nous ne saurion
&tre et paraitre autrement que comme des colons illégi-
times, indépendamment de “comment” nous entendon:
habiter ce qui reste du monde .
es communautés an-
Je trouve surprenant que Pune des conclusions les plus
antes tirer de lorganisation en solidarité avee une
communauté autochtone soit la nécessité d'échapper
«lidentité » de colon quelle fait apparaitre. Il me semble
que la erainte detre considéré comme un «colon illégi-
time> est ce qui motive en partie leurs rejets de la p
tion soeiale quils oceupent et qui, 4 son tour, mine leur
S auteur.e.s n'ont rien
aapporter a la lutte anticoloniale parce quiils sont des
colons. Cependant, je suis en désaccord avee limportance
Vils octroient au fait de ne pas étre peru comme des
s, plutdt que d'évaluer quelle est la contribution la
plus efficace quiils pourraient apporter a la lutte antico-
loniale. Leur positionnement de colons dans une
coloniale doit nécessairement faire partie de cette éval-
uation. Ce rejet de la position sociale est visible dans In-
habit, dans la mesure oi la race et le colonialisme y sont
invisibles. Dans Rattachements, il w'est visible que comme
une chose que les erivain.e.s fuient : < Extase : béatitude
provoquée par une sortie, un décalage par rapport ce
quon nous a fuit comme “soi”, comme “position sociale”,
comme “identité”». Dans leur empressement A rejeter
politiques identitaires et & mettre en relation «lidentité »
et la position sociale, les auteur.c.s sabotent la lentille qui
leur permettrait d'analyser notre conteste de maniére pl
globale et précise. Ce faisant, leur analyse tombe 2 plat et
condamnent 2 une approche limitée, affirmant que
st stratégique et possible pour les peuples autoch-
de construire une autonomie territoriale, il doit étre
se. Je ne prétends pas que |
de faire de méme.
Le blocus ferroviaire de Saint-Lambert était une action de
plusieurs jours, organis s colons et réalisée princi-
palement par des colons, qui s'est déroulée hiver dernier
au cours du mouvement #ShutDownCanada. Cela aurait
pu étre une oceasion d'expliquer de maniére proactive et
explicite pourquoi nous, les colons, pensions quiil était
%
important de répondre a Pappel a des actions de solidarité
tel que nous P'avons fait, et d'encourager d'autres milieux
radicaux de colons 4 faire de méme. Cela aurait pu étre
utile dans un contexte ofs certains alliés des luttes
sitaient 4 organiser ou a participer a d
actions initices par des colons.” Malheureusement, cette
approche de communication proactive n'a pas été adoptée
pour diverses raisons, notamment le manque de cohésion
politique entre les personnes qui ont organisé action de
blocage. Au bout du compte, les communications émanant
du blocage sont demeurées vagues quant a Porigine ds
personnes présentes et la stratégie de communication au
terme du blocage a manqué Poceasion de parler en tant
que colons, & d'autres colons, sur ce que nous pouvios
faire pour intervenir.* Le fait dobscureir notre position
a permis aux médias grand public d'uiliser plus facile-
ment le fait que nous n'étions pas Autochtones, ce qui le:
a aidés & retourner Popinion publique contre nous sans
devoir utiliser un argumentaire ouvertement raciste. Notre
manque d'analyse claire a également laissé au Premier
ministre Frangois Legault la possibilité de nous séparer
des autres blocages, parce que nous n'avons pas su expli
quer comment nous NOUS percevions par rapport i eux,
Bien s, les flies connaissaient depuis le début la démog-
raphie des pers et ont agi en conséquence.
Cette approche ne présentait done aucun avantage tac-
tique, et nous avons perdu l'occasion de présenter une
analyse claire et décisive sur les raisons pour lesquell
autres colons devraient prendre les risques que nous
(ainsi que de nombreuses communautés autochtones) pre-
que le fait d'éviter d'aborder de
de positionnement social et de role des
Ia lutte anticoloniale ne nous conduise a faire
choix similaires 4 Pavenir.
es
Inhabit et Rattachements partagent une volonté de pro-
duire des affects chez leurs lecteurs les incitant 4 s
considérer comme emplis de pouvoir et de possibilité
Dans cet objeet, a rejeter la
culpabilité ou le sacrifice et a se comprendre comme des
protagonistes centraux de la lutte. Pour Rattachements,
cela se traduit par Iencouragement des lecteurs A se
considérer comme «ni coupables ni victimes> de la erise
Geologique. Cette aversion pour le sacrifice de soi, dans le
sens oit Pon est prét a renoncer a quelque chose, nécessite.
de nier que le colonialisme, ainsi que d'autres moteurs de
la crise, continue & nous profiter. Il s'agit dune Gvasion
préventive de la culpabilité potentielle d'étre un colon
nous ne devons pas nous comprendre comme les sujets
qui profitent de Pappropriation génocidaire des terres d
populations autochtones. Cette impulsion est lie a un re-
jet de la politique identitaire, et bien que je ne suggére pa
dembrasser une culpabilité démobilisatrice face aux hor-
reurs passée
sité 4 la fois stratégique et éthique de refus
conditions qui produisent cette culpabilité. Lorsque nous
reconnaissons le mode de vie que le colonialisme continue
a produire pour les colons et que nous essayons de trouver
les causes de cette disparité manifeste, nous nous dotons
dune compréhension du contexte dans lequel on sou
haite intervenir, qui est indispensable pour le transformer
de maniére efficace. Lorsque nous fuyons les sentiment:
produits par cette disparité en rejetant une étiquette, on
pourrait en venir croire que nous pouvons nous extirper.
des structures réelles par un acte de pensée ou de magic
Ce sont les conditions matérielles qui doivent étre com-
battues, et non les affects quelles produisent.
10
Apartir dela?
Les auteur.e.s de Inhabit et Rattachements pourraient
penser que le rejet, sur la base de leur positionnement
social, de leurs stratégies respectives dautonomie territo-
riale ou de construction d'une autonomie matériclle par
Iétablissement de communes sur les territoires est es
entiellement un ref struire un mouvement fort -
sion aux effets démobilisateurs des politiqu
Au contraire, je pense que ce refus est un choix a
Gthique et stratégique, a partir duquel il nous faut
développer une stratégie révolutionnaire plus forte et
résolument anticoloniale. Cela naffaiblit pas nos mouve-
ments de se détourner de la construetion de Pautonomie
territoriale pour des communautés principalement com-
posées de colons, si ce vers quoi nous nous tournons est
une plus grande attention a la reconstruction continue de
Tautonomie territoriale pour les peuples autochtones avee
lesquels nous cherchons 2 étre en lutte. Ce quiil faut, c'est
Gviter de considérer les colons comme le sujet central de
la lutte anticoloniale révolutionnaire et reconnaitre que
luttons sont dif-
prenons doivent également
o du colonialisme canadien
doit considérer les centaines dannées de luttes autoch-
tones contre le capitalisme et PEtat comme pertinentes
. & bien des égards, déterminantes pour les chances de
succes de ces dans la construction de leur
autonomie territoriale. Cette méme analyse notera la
différence entre cette histoire de lutte et celle des mouve-
ments radicaux de colons dans le soi-disant Canada,
em
de co
une conces
communautés
Si nous prenons réellement au sérieu
Tautonomie territoriale, nous saurons
bien plus quun « réseau de poin:
Ia question de
que cela impliqu
de convergences > que
avons loud
nou quattés ou construits dans la fordt, ou
quune constellation de maisons communales en cam-
pagne. Lautonomic territoriale, si elle est considérés
comme une stratégie de destruction du capitalisme et de
IEtat, comprend le travail 2 long terme de développement
de zones flics ne peuvent pas aller, oit Fon peut
trouver les moyens de soutenir et de reproduire ceus qui y
vivent, ol un grand groupe de personnes engagées et con-
neetées de tous ages a les moyens et la nécessité de défen-
dre ce territoire, sur plusieurs générations. Nous pouvons
regarder 2 ofi ce travail a déja Gté fait depuis de
taines d'années pour en voir des exemples : le territoire
de Wet'suwet'en, Elsipogtog, le lac Barritre, Six Nations,
Tyendinaga, Kahnaw:ke et Kanehsatake. Dans I'ensem-
ble, ce travail w'a pas é1é effectué depuis des centaines
dannées par des communautés allochtones : nous partons
de zéro, et done méme si la priorité donnée & notre pro-
pre autonomie territoriale semblait éthique, elle ne serait
probablement pas stratégique, car les communautés de
colons dans une société fondée sur le colonialisme de peu-
plement ont beaucoup moins de conflits structurels avee
le systéme colonial. Cela ne nous rend pas plus faibles de
donner la priorité 4 la lutte pour lautonomie territoriale
des communautés dont nous ne faisons pas partie. Cela
nous rend plus fort.c.s si, ce faisant, nous Gtablissons des
relations qui contribuent & des contextes révolutionnaire
dans lesquels les objectifs des réseaux révolutionnair
des colons convergent avee ceux des groupes autochtone:
anticoloniaus. Vers un potentiel plus fort de lutte com-
mune contre IEtat colonial.
oi les
s cen-
ore
Notre politique environnementale doit mettre au premier
plan les réponses matérielles a la dépossession des terres
autochtones, pour le bien de la plandte et
dans le cadre d'un engagement plus large en faveur d'une
politique anticoloniale. I est dangereus de glis
er vers une
18
politique d'un «retour 2 la terre », comme le fait Rattache-
ments, car ces approches et ces projets, au mieus, nou
détournent de notre objectif et, au pire, préparent le ter-
rain pour le développement de revendications tordues d
terres autochtones. Ce genre de revendica-
que nous devrions chercher
nos alliés autochtones anticoloniaux et risque
de renforcer les tendances réactionnaires des colons que
nous devrions combattre. Si nous nous considérons com-
me visant & nous engager dans une lutte commune avee
I autés autochtones contre IEtat colonial, nou
saurons que nos mouvements gagnent en force lorsque
nos camarades sont plus forts et que nos relations mutu-
elles sont solid,
es commu
nous concentrons sur les réalités matérielles du
sme et sur la maniere dont il continue A structur-
options et nos ressources, nous pouvons
développer des stratégies plus efficaces deman-
dant ce que nos différentes positions sociales permettent
et interdisent, et comment nous pourrions mettre ces
différences au serviee dobjectifs communs. Mike Gould-
hawke explique que «les gens considerent le colon comme
une identité personnelle, mais il s'agit plutdt d'une rela-
tion catégorique entre un sujet social et les Etats coloni-
aux».# Comme le dit La Paperson, le terme de colon (et
dAutochtone, et d'esclave) déerit «des relations de pou
voir par rapport a la terre. Il se rapproche d'identité, mais
st pas une identité en soi» Au lie de tenter de fuir
ces Gtiquettes, nous devrions faire un meilleur usage de
notre temps et nous coneentrer A transformer les condi-
tions qui produisent ces rapports de pouvoir.
coloniall
er nos
vies, nos
cen'
Le positionnement social comme seule lentille d'analyse
pour développer une stratégie révolutionnaire est bien sir
insuffisant. Ce que les gens souhaitent voir advenir com-
9
me monde, quelles que soient leurs vies actuelles, releve
dune importance indéniable. Nous devons toutefois étre
capables de voir et de comprendre les différentes réalité
matérielles de ceux qui nous entoure si on souhaite voir
former dans I'avenir que nous voulor
mble. Voir ces réalités pour ce quelles
sont, et pourquo elles sont, nous montre que les relations
que les colons établissent avee la terre sont bien moins
importantes que celles que nous arrivons a démanteler. 11
est évident que soutenir la résurgence de lautonomie ter-
ritoriale autochtone doit étre une priorité plus importante
que de construire notre propre autonomie territoriale. La
question qui se pose alors est de savoir comment con-
struire et maintenir des formations qui peuvent offrir un
soutien et une solidarité sur le long terme aux population:
autochtones qui luttent contre IEtat colonial, et comment
cultiver au mieux une politique qui continuera a répondre
aux contextes, relations et terrains changeants de cette
lutte commune pour Pautodétermination et la fin du capi-
talisme, du colonialisme et du Canada
Notes
3
Rattachements est disponible en frangais ici: https://
contrepoints.media/fi/posts/rattachements-pour-une-
ceologie-de-la-presence et en anglais i : hitps/All-
willeditions.com/re-attachments/
Inhabit est disponible en anglais ici : hitps://inhabit
global et en frangais ici : hitpsi/contrepoints.media/fr/
posts/habiter-instructions-pour-lautonomie . La tra-
duction québecoise dInhabit est sortie le 15 février
2021. Je pensy aire de souligner qu'une
modification importante a été apportée a cette version
québecoise sans note de traduction ni explication. A la
phrase <L a lusage commun »,
s.trices ont ajouté «et aux Autochtone:
en premier lieu». De ma perspective, ce changement
se & cacher labsence d'une analyse anticoloniale
ste original. Clairement ce petit ajout ne re-
gle pa majeurs de Panalyse en général,
mais il pourrait faire en sorte que les lecteurs présu-
ment Pesistence d'une analyse anticoloniale da
texte de départ, ce qui n'est pas le cas.
Pour étre elair, moi et beaucoup dautres, nou:
s vus comime des < nitiateurs » dactions
nous
< e contestes changents i,
Texigoatent ot dans e eas dex blocaden ferroviaires du
moins, étions trés clairement inspirés par des initia-
s autochtones déja en cours. Jutilise lexpression
<initié par des colons» non pas pour mattribuer le
mérite des Gvénements de ce qui était trés clairement
2
9.
10.
11
12.
13
un mouvement dirigé par des autochtones, mais plutot
pour noter quil y a une réelle différence entre I
actions considérées par les partisans et les ady
comme étant prise
et celles reconnues comme des actions de solidarité
des colons
1l convient de noter que les communes quils décriv-
ent sont essentiellement des lieux of il fait bon vivre,
ot les gens partagent des repas et des activités quo-
tidiennes et se parlent, et pas nécessairement d
communes & une éehelle o elles produiraient une
réorganisation significative de Iéconomie ou de la
reproduction sociale. Il est raisonnable de supposer
quun changement d'échelle est souhaité
Ge quils appellent modernité coloniale.
https/maisonneuve.org/article/2018/11/1/self-made-
metis
Page 17 de A Living Revolution: Anarchis
Kibbuts Movement par James Horrox
A Living Revolution p.18
A Living Revolution p.18
A Living Revolution p.19
Un autre exemple de ce type d'établissement com-
munal dont j'ai pris connaissance durant la rédaction
de ce texte est I'établissement socialiste finlandais de
Sointula, situé sur le territoire de la Premiere nation
‘Namgis. Le village a 6t¢ Gtabli au début des années
1900 sur lile Malcolm, en soi-disant Colombie-Britan-
nique
https:/briarpatchmagazine.com/articles/view/100-
years-of-land-struggle
Je ne souhaite pas ici dépeindre une vision romancée
des peuples autochtones comme n'exploitant jamais la
terre, tel que le Red Paper nous met en garde contre
cette pratique A la page 60. Je souhaite plutot nous
14.
16.
17.
18.
rappeler que sans la capacité des peuples autochtones
a gérer la terre, Ia destruction du capitalisme nou
lais s les connaissances intergénéra-
tionnelles nécessaires pour en prendre soin de
manicre efficace. https:/redpaper.yellowheadinstitute
org/wp-content/uploads/2019/10/red-paper-report-final,
pdf
ATinvers
isme anti-noir s nt mal intégrées dans les
analyses émanant des réseaux radicaux au Canada
par rapport aux Etats-Unis. Il est d'autant plus grave
qu'nhabit ne fasse pas non plus référence a ce type de
critique ou d'analy
La Destinde manifeste (Manifest Destiny en anglais)
est une expression apparue en 1845 qui ddsigne la
croyance calviniste selon laquelle les Etats-Unis sont
investis d'un droit divin A Pexpansion territoriale et &
la colonisation dans I'Ouest américain et ailleurs dans
le monde
Par revendications territoriales préexistantes, je parle
a la fois des revendications territoriales autochtones et
des revendications de longue date de groupes tels que
la Republik of New Afrika. https:/newafrikan77.word-
press.com/2016/04/20/new-afrikans-
tions-roots-of-the-new-afrikan-independence-move-
ment-chokwe-lumumba/
Disponible en francais ici : https://contrepoints.media/
posts/ehasse-a-la-cha mises-en-acte-de-
la-souverainete-anishinabee et en anglais ici : httpsi/
territories. substack.com/p/hunting-the-hunt
-recentes
1l est important de noter que les s anglaise et
en raison dimportantes erreurs de traduction ou de
changements intentionnels en prévision d'un lectorat
anglophone américain, la phrase la plus proche da
ise est la suivante “The question of
how to inhabit concerns any living being in any give
place.” Il s'agit d'une différence majeure,
mouvement massif, large
Autochtones. Un grand
19. #ShutDownCanada était us
et hétérogene mené par des
catalyseur a ¢té le raid militarisé de la GRC sur I
défenseurs des terres de Wet'suwet'en qui protégeaient
leur lieu de vie contre la construction du gazodue
Coastal Gas Link Ihiver dernier. Dans ce conexte, un
certain nombre d’appels explicites 4 des actions de sol-
idarité ont Gté laneés, notamment par les chefs héréd-
itaires Wet'suwet'en et par des camps spécifiques sur
ces terres, comme le point de controle de Gidimt'en.
Malgré ces appels a Paction trés clairs et explicites,
je pense que Ihésitation de certains color
participer a des actions de solidarité initiées par de
colons vient en partie de la convietion que toutes les
actions doivent étre soit dirigées par des Autochtone:
soit par un Autochtone. Je
pense s Autochtones sur la fagon
dont les colons participent 2 lorganisation anticolo-
niale sont importantes. Je pense qu'il est crucial de te-
nir compte de la fagon dont les actions d'une pe:
peuvent étre pergues par les communautés autoch-
tones ou avoir des conséquences pour elles lorsqu'on
planifie des actions de solidarité. Gependant, sacrifier
les principes de sceurité de base du « besoin de savoir »
nne
pour obtenir Papprobation des
action risquée laneée par les colons semble étre une
2 flagrante de tokenisation. Le fait qu
forme a
communautés d'organisation a Montréal soient sou-
vent composées en majorité ou exclusivement de co-
lons est une question qui doit étre examinde et traitée
2 un niveau plus fondamental, plutot que de tenter de
nos.
le cacher en cherchant i obtenir une approbation de
que certains
DownCanada s'inqui
éraient des risques de participer
& des actions de solidarité et utilisaient le fait que
certaines actions étaient inities par des colons pour
Gviter de devoir prendre des risques et se joindre au
blocus. Je pense que c'est regrettable et que cela doit
&tre changé en partie par une analyse anticoloniale
plus claire de la part des réseaux de colons.
20. 1l existe peu de traces des discours prononeés devant
les médias, mais en voici un exemple: htps://con-
trepoints.media/en/posts/declaration-du-blocage:
int-lambert-declaration-from-the-saint-lambert-blo-
cade
21. https://twitter.com/M_Gouldhawlke/sta-
ts/1345150065103388673
22. https/manifold.umn.edu/read/a-third-universi-
y-is-possible/section/e33f977a-532b-4b87-b108-
£106337d9¢53
n ligne en
La version originale a été publice en anglai
février 2021
Traduit vers le frangais en mars 2021
Réflexions * anotherword@riseup.net
Couverture : un blocage de voie ferrée #ShutDownCanada
a St-Lambert QC, février 2020
Mis en page par Invisible Gity
Lorsque nous reconnaissons le
mode devie que le colonialisme
continue a produire pour les
colons et que nous essayons de
trouver les causes de cette disparité
manifeste, nous nous dotons d’une
compréhension du contexte dans
lequel on souhaite intervenir, qui est
indispensable pour le transformer
de manicére efficace. Lorsque nous
fuyons les sentiments produits
par cette disparité en rejetant une
étiquette, on pourrait en venir
d croire que nous pouvons nous
extirper des structures réelles par
un acte de pensée ou de magie. Ce
sont les conditions matérielles qui
doivent étre combattues, et non les
affects qu'elles produisent...