Another Word for Settle ttachments et Inhabit Clest a Thiver 2020, au lendemain du soulevement anti- colonial le plus inspirant de ma vie, que jai lu Rattache- ments' et Inhabit (traduit par Habiter dans la version québécoise).? Les trains avaient recommencé A rouler & travers le pays, et la COVID-19 commengait & réorgani nos vies, quelques semaines seulement aprés que nous ayons fait notre petite part dans le mouvement #Shut- DownCanada. A Tio'tia:ke (Montréal) et dans ses environs 13 oi je vis, il y a eu de nombreuses initiatives des Autochtones, notamment des rondes de solidarité qui ont blogué la circulation au centre-ville, et bien sar le blo- cage d qui traversent Kahnawike qui s'est Sur ile et autour, lengag ment des colons dans #ShutDownCanada a pri formes, notamment le sabotage clandestin d'infrastruc- tures ferroviaires, des manifestations et du vandalisme sur les propriétés de la GRC et de multiples blocages de voies ferrées, dont 'un a duré quelques jours s voies ferré Apres ces Gvénements, la lecture des propositions amenes par Inhabit et Rattachements a 6té particulidre- ment déstabilisante. Ces deux textes sont des représen- tations d'une pensée politique issue de communautés aux Etats-Unis et du Québec, fortement influencée par les derits du Comit¢ Invisible en France et par les mou- vements autonomistes européens. Cette tendance poli- tique est parfois qualifice de tigqunienne, d'appeliste ou dautonomiste. Il s'agit d'une orientation politique qui a beaucoup d'influence sur une frange de ceux et celles qui ont participé a Porganisation des actions initices par des colons' a Montréal I'hiver dernier, et ces deus text emblent étre des points de référence importants pour ces Malheureusement, le début de la pandémie a Gtouifé ce qui aurait pu étre une oceasion d'analyser plus en profondeur certaines des différences politiques entre ceus et celles d'entre nous qui se sont orgar ble cet hiver-a. Je voudrais clarifier mon désaccord avee la stratégie anticoloniale (ou bien absence de) mise de Tavant par Inhabit et Rattachemens. Fespére que lors des futurs moments de solidarité et de coalition large comme celui que nous avons véeu hiver dernier, nous pourron: avoir une meilleure compréhension des limites de notre s ensem- potentiel de collaboration. Jespere également que Pen- gagement eritique & Iégard de lanaly proposée par ces ¢ dont ils influencent la solidarité anticoloniale qui guide les actions années a venir. textes arrivera limiter la mani stratégie de s Rattachements Slopposant aux courants dominants de la lutte éeologiste (d'un coté les militants qui demandent au gouvernement agir pour sauver Penvironnement, et de autre les indivi- dus qui modifient leurs pratiques de consommation pour faire de méme), les auteur.c.s de Rattachements proposent une nouvelle approche pour faire face 4 la crise envi- ronnementale et au capitalisme colonial. Cette nouvelle approche consiste 2 bitir une «écologie de la prés par la cons Les auteur.e.s le projet de reconnexion ave ce qui «leur a éié arraché» dans un sens i la fois matériel et spirituel. Ils souhait- ent habiter véritablement le territoire, a partir duquel ils ence » ruction de communes pourront s'attaquer aux rouages du capitalisme tout en y construisant de nouvelles formes de vie. Leur compréhen- sion du probleme repose sur le précepte quils n'ont pas choisi détre jetés dans un monde voué & sa propre de- struction, un monde structuré par le capitalisme colonial dans lequel leurs .” Cette premicre ferme a connu un tel suceds que « bientdt, des kvutzot ont 6t¢ eréds partout oi des terres pouvaient atre achetées ».* Ces communes, tout en se considérant comme une alternative viable et une menace considérable pour le mode de production eapitaliste, servaient égale ment la colonie sioniste de Palestine. Aujourd'hui, elles sont communément considérées comme une partic impor- tante de Ihistoire nationale d'Israél, et environ 270 colo- nies existent toujours (bien que leur organisation interne et leur caractere anarchiste se soient considérablement transformés) dans le territoire oceupé. Il est clair que s les idéaux anarchistes et anticapitalistes projets peuvent étre inspirants, le contexte colonial appelle & préter attention aux impacts de la colonisation sur les peuples autochtones, et pas seulement aux idéaux ou a la politique interne des communes.™ de ces Land back ou Retour ala terre? Lanalyse proposée par Rattachements s'appuie sur une compréhension du monde selon laquelle les colons ont édés de leur rapport au territoire, woir. Cest sur la base de ce prin- s auteur.e.s tentent d'inciter d'autres colons er & Paction. Le zine, éerit et circulant dans des ociaux dominés par des colons blanes aux poli- tiques radicales varices, postule que la solution a la erise Geologique réside dans la capacité de ces milieux (11 en- core, principalement des colons) 4 eréer des communes. Ces communes pourront alors établir une autonomic matérielle et politique en rendant les espaces (terrains friches, batiments, églises, maisons et pares) «habitables En dautres term proposent de sinstaller et de squatter en commun le territoire, qu'il ait déja été i par d’autres colons ou non, en affirmant quil s'agit dune nécessité stratégique plutot que d'un simple choix de mode de vie. les auteur.. Je crois moi aussi que le capitalisme est un s aliene les un.e.s des steme qui autres et des étres vivants dont dépendons. Et pourtant, je crois que nous devons &tre plus spécifiques : le capitalisme colonial a créé un ter- ritoire oit, dans Pensemble, les colons possedent les terres et disposent des ressources ainsi que d'une relative liberté pour établir divers rapports avee le territoire. Cela se fait au détriment des peuples autochtones, qui ont été dépos- sédés de leurs terres, de leu et spiri- tualités, qui sont directement relié S terres et qui orientent leurs relations au territoire. Rattachements sug- gere quune partie crueiale de la lutte éeologique anti- capitaliste/anticoloniale consiste & modifier les relatio affectives et spirituelles que les colons entretiennent ave le territoire, dans un contexte ot notre relation matérielle avee la terre - celle de la propriété, de Pappropriation et du vol - reste inchange et fondamentalement coloniale. Un groupe de colons achetant ensemble une maison com- munale en dehors de la ville dans le cadre d'une stratégic décologie révolutionnaire a trés peu 4 voir avee la réoceu- pation par les peuples autochtones de leurs territoires an- cestraux. Ce deuxieme cas s'oppose directement au dével- oppement colonial et 2 la destruction de Ienvironnement, etil Sinserit dans une tradition de résistance autochtone au déplacement et au génocide.” Le premier se reconnait a tort comme partageant en quelque sorte quelque chose avee cette tradition, alors qu'il est rendu possible par (et se rapproche bien plus) des générations d'empietement et dexpansion coloniale. Ce qui brille par son absence dans le programme de lutte éeologique proposé par Rattachements, c'est un appel explicite i la restitution des terres aux communautés autochtones. Au lieu de cela, ses auteur.c.s demandent implicitement une présence acerue de leurs milieus (com- posés majoritairement de colons) sur ces terres, en partic pour arriver a potentiellement soutenir les luttes autoch- tones. Malgré la reconnaissance du fait que dy ont 16 volées (et Péloge des relations autochtones et le territoire en tant qu'exemples 2 suiv- re pour les lecteurs du zine), il mangue dans Rattache- ‘ments la proposition selon laquelle le retour des terres au communautés autochtones, «Land Back» au sens littéral et matériel du terme, est une picee centrale de la lute Geologique, et devrait étre priorisé face aceélération dun retour a la terre par les colons. Dans le Land Back Red Paper publié en 2019 par Ulnstitut Yellowhead, les au. teur.e.s nous disent que . Tout comme les colons lors de la conquéte de Ouest américain, les auteur.e.s d'nhab- it proposent une meilleure maniere d'utiliser le territoire et suggerent de transformer, a leur image, les espaces qui ne sont pas encore mis au service de leur révolution. En dautres termes, on peut lire les auteur.e.s d'Inhabit con- me mettant de F'avant leur propre vision de la Destinée ‘manifeste’ : Iespansion de leur rapport au territoire, d lignes de faille se déplagant sans entraves 4 trave vaste Amérique du Nord vide et non-revendiquée. Peut- &tre en suivant les chemins de fer qui les ont précédés une mblent incapables ou peu inter- a problématiser le contexte colonial américain. A Texception de la mention d'un interaction fortuite entre familles autochtones dans des contextes ot ils sont déja des camarades, les questions de la race et du colonialisme sont absentes de leur texte. La réticence des auteur.e.s A s'engager face aux communautés autoch- tones et au contexte colonial dans lequel ils sinscrivent trahit leur compréhension coloniale du territoire. En proposant une expansion du territoire sans se soucier d revendications territoriales préexistantes qui recouvrent déja ce continent,' Inhabit interpelle ses lecteur.trice.s & partir de imaginaire du projet national de IEtat coloni- sateur amdricain: from sea to shining sea [la référence a limaginaire national disparait dans la traduction québé- coise]. « Construire linfrastructure qu'il faut pour sous- traire le territoire A PEconomie», pressent-ils. Mais la terre n'a jamais 6té qu'un simple territoire, et les colons qui Toceupent ont bien plus souvent donné N'impression de la soustraire aux peuples autochtones qua I'économic. 1I sul 2 fit de se tourner vers le sud des Etats-Unis pour voir com- ment, par exemple, le fait que des blancs squattent d «vacantes» était une conséquence intentionnelle du dattribution de terres aux Autochtones loin de Etats-Unis comptaient sur le fait que ces communautds seraient incapables d'empécher les squatteurs de s'installer et de prendre possession de leurs terres. «Que ce soit un espace dans le quartier ou une ca- bane dans la forét. Squatter, s'il faut : un terrain, un local, un immeuble abandonnd. 11 n'y a pas d'espace trop petit, ni trop grand. » Inhabit réoriente la pensce et les straté. gies en partant de contextes tres différents s (le mouvement des squats en Europe, notamment) et tente de mettre de lavant des stratégies supposément libératric pour « habiter » Pespace qui ne font que renforcer Iacets des colons 2 la terre et leur controle. La fuite de I'identité Dans un compte-rendu publié en octobre 2020 intitulé Chasse a la chasse' (traduit par Hunting the Hunt dans la version anglaise publice sur le site Territories dInhab- it), les auteur.e.s (basé.e.s au Québec) reviennent sur le temps qu'ils ont passé a soutenir | ishinabeg qui luttent pour un moratoire sur la chasse Torignal sur leur territoire. Ils concluent leur résumé de la ituation par la réflexion suivante : «Ce serait une illusion confinant a limpuissance de penser que nous ne saurion &tre et paraitre autrement que comme des colons illégi- times, indépendamment de “comment” nous entendon: habiter ce qui reste du monde . es communautés an- Je trouve surprenant que Pune des conclusions les plus antes tirer de lorganisation en solidarité avee une communauté autochtone soit la nécessité d'échapper «lidentité » de colon quelle fait apparaitre. Il me semble que la erainte detre considéré comme un «colon illégi- time> est ce qui motive en partie leurs rejets de la p tion soeiale quils oceupent et qui, 4 son tour, mine leur S auteur.e.s n'ont rien aapporter a la lutte anticoloniale parce quiils sont des colons. Cependant, je suis en désaccord avee limportance Vils octroient au fait de ne pas étre peru comme des s, plutdt que d'évaluer quelle est la contribution la plus efficace quiils pourraient apporter a la lutte antico- loniale. Leur positionnement de colons dans une coloniale doit nécessairement faire partie de cette éval- uation. Ce rejet de la position sociale est visible dans In- habit, dans la mesure oi la race et le colonialisme y sont invisibles. Dans Rattachements, il w'est visible que comme une chose que les erivain.e.s fuient : < Extase : béatitude provoquée par une sortie, un décalage par rapport ce quon nous a fuit comme “soi”, comme “position sociale”, comme “identité”». Dans leur empressement A rejeter politiques identitaires et & mettre en relation «lidentité » et la position sociale, les auteur.c.s sabotent la lentille qui leur permettrait d'analyser notre conteste de maniére pl globale et précise. Ce faisant, leur analyse tombe 2 plat et condamnent 2 une approche limitée, affirmant que st stratégique et possible pour les peuples autoch- de construire une autonomie territoriale, il doit étre se. Je ne prétends pas que | de faire de méme. Le blocus ferroviaire de Saint-Lambert était une action de plusieurs jours, organis s colons et réalisée princi- palement par des colons, qui s'est déroulée hiver dernier au cours du mouvement #ShutDownCanada. Cela aurait pu étre une oceasion d'expliquer de maniére proactive et explicite pourquoi nous, les colons, pensions quiil était % important de répondre a Pappel a des actions de solidarité tel que nous P'avons fait, et d'encourager d'autres milieux radicaux de colons 4 faire de méme. Cela aurait pu étre utile dans un contexte ofs certains alliés des luttes sitaient 4 organiser ou a participer a d actions initices par des colons.” Malheureusement, cette approche de communication proactive n'a pas été adoptée pour diverses raisons, notamment le manque de cohésion politique entre les personnes qui ont organisé action de blocage. Au bout du compte, les communications émanant du blocage sont demeurées vagues quant a Porigine ds personnes présentes et la stratégie de communication au terme du blocage a manqué Poceasion de parler en tant que colons, & d'autres colons, sur ce que nous pouvios faire pour intervenir.* Le fait dobscureir notre position a permis aux médias grand public d'uiliser plus facile- ment le fait que nous n'étions pas Autochtones, ce qui le: a aidés & retourner Popinion publique contre nous sans devoir utiliser un argumentaire ouvertement raciste. Notre manque d'analyse claire a également laissé au Premier ministre Frangois Legault la possibilité de nous séparer des autres blocages, parce que nous n'avons pas su expli quer comment nous NOUS percevions par rapport i eux, Bien s, les flies connaissaient depuis le début la démog- raphie des pers et ont agi en conséquence. Cette approche ne présentait done aucun avantage tac- tique, et nous avons perdu l'occasion de présenter une analyse claire et décisive sur les raisons pour lesquell autres colons devraient prendre les risques que nous (ainsi que de nombreuses communautés autochtones) pre- que le fait d'éviter d'aborder de de positionnement social et de role des Ia lutte anticoloniale ne nous conduise a faire choix similaires 4 Pavenir. es Inhabit et Rattachements partagent une volonté de pro- duire des affects chez leurs lecteurs les incitant 4 s considérer comme emplis de pouvoir et de possibilité Dans cet objeet, a rejeter la culpabilité ou le sacrifice et a se comprendre comme des protagonistes centraux de la lutte. Pour Rattachements, cela se traduit par Iencouragement des lecteurs A se considérer comme «ni coupables ni victimes> de la erise Geologique. Cette aversion pour le sacrifice de soi, dans le sens oit Pon est prét a renoncer a quelque chose, nécessite. de nier que le colonialisme, ainsi que d'autres moteurs de la crise, continue & nous profiter. Il s'agit dune Gvasion préventive de la culpabilité potentielle d'étre un colon nous ne devons pas nous comprendre comme les sujets qui profitent de Pappropriation génocidaire des terres d populations autochtones. Cette impulsion est lie a un re- jet de la politique identitaire, et bien que je ne suggére pa dembrasser une culpabilité démobilisatrice face aux hor- reurs passée sité 4 la fois stratégique et éthique de refus conditions qui produisent cette culpabilité. Lorsque nous reconnaissons le mode de vie que le colonialisme continue a produire pour les colons et que nous essayons de trouver les causes de cette disparité manifeste, nous nous dotons dune compréhension du contexte dans lequel on sou haite intervenir, qui est indispensable pour le transformer de maniére efficace. Lorsque nous fuyons les sentiment: produits par cette disparité en rejetant une étiquette, on pourrait en venir croire que nous pouvons nous extirper. des structures réelles par un acte de pensée ou de magic Ce sont les conditions matérielles qui doivent étre com- battues, et non les affects quelles produisent. 10 Apartir dela? Les auteur.e.s de Inhabit et Rattachements pourraient penser que le rejet, sur la base de leur positionnement social, de leurs stratégies respectives dautonomie territo- riale ou de construction d'une autonomie matériclle par Iétablissement de communes sur les territoires est es entiellement un ref struire un mouvement fort - sion aux effets démobilisateurs des politiqu Au contraire, je pense que ce refus est un choix a Gthique et stratégique, a partir duquel il nous faut développer une stratégie révolutionnaire plus forte et résolument anticoloniale. Cela naffaiblit pas nos mouve- ments de se détourner de la construetion de Pautonomie territoriale pour des communautés principalement com- posées de colons, si ce vers quoi nous nous tournons est une plus grande attention a la reconstruction continue de Tautonomie territoriale pour les peuples autochtones avee lesquels nous cherchons 2 étre en lutte. Ce quiil faut, c'est Gviter de considérer les colons comme le sujet central de la lutte anticoloniale révolutionnaire et reconnaitre que luttons sont dif- prenons doivent également o du colonialisme canadien doit considérer les centaines dannées de luttes autoch- tones contre le capitalisme et PEtat comme pertinentes . & bien des égards, déterminantes pour les chances de succes de ces dans la construction de leur autonomie territoriale. Cette méme analyse notera la différence entre cette histoire de lutte et celle des mouve- ments radicaux de colons dans le soi-disant Canada, em de co une conces communautés Si nous prenons réellement au sérieu Tautonomie territoriale, nous saurons bien plus quun « réseau de poin: Ia question de que cela impliqu de convergences > que avons loud nou quattés ou construits dans la fordt, ou quune constellation de maisons communales en cam- pagne. Lautonomic territoriale, si elle est considérés comme une stratégie de destruction du capitalisme et de IEtat, comprend le travail 2 long terme de développement de zones flics ne peuvent pas aller, oit Fon peut trouver les moyens de soutenir et de reproduire ceus qui y vivent, ol un grand groupe de personnes engagées et con- neetées de tous ages a les moyens et la nécessité de défen- dre ce territoire, sur plusieurs générations. Nous pouvons regarder 2 ofi ce travail a déja Gté fait depuis de taines d'années pour en voir des exemples : le territoire de Wet'suwet'en, Elsipogtog, le lac Barritre, Six Nations, Tyendinaga, Kahnaw:ke et Kanehsatake. Dans I'ensem- ble, ce travail w'a pas é1é effectué depuis des centaines dannées par des communautés allochtones : nous partons de zéro, et done méme si la priorité donnée & notre pro- pre autonomie territoriale semblait éthique, elle ne serait probablement pas stratégique, car les communautés de colons dans une société fondée sur le colonialisme de peu- plement ont beaucoup moins de conflits structurels avee le systéme colonial. Cela ne nous rend pas plus faibles de donner la priorité 4 la lutte pour lautonomie territoriale des communautés dont nous ne faisons pas partie. Cela nous rend plus fort.c.s si, ce faisant, nous Gtablissons des relations qui contribuent & des contextes révolutionnaire dans lesquels les objectifs des réseaux révolutionnair des colons convergent avee ceux des groupes autochtone: anticoloniaus. Vers un potentiel plus fort de lutte com- mune contre IEtat colonial. oi les s cen- ore Notre politique environnementale doit mettre au premier plan les réponses matérielles a la dépossession des terres autochtones, pour le bien de la plandte et dans le cadre d'un engagement plus large en faveur d'une politique anticoloniale. I est dangereus de glis er vers une 18 politique d'un «retour 2 la terre », comme le fait Rattache- ments, car ces approches et ces projets, au mieus, nou détournent de notre objectif et, au pire, préparent le ter- rain pour le développement de revendications tordues d terres autochtones. Ce genre de revendica- que nous devrions chercher nos alliés autochtones anticoloniaux et risque de renforcer les tendances réactionnaires des colons que nous devrions combattre. Si nous nous considérons com- me visant & nous engager dans une lutte commune avee I autés autochtones contre IEtat colonial, nou saurons que nos mouvements gagnent en force lorsque nos camarades sont plus forts et que nos relations mutu- elles sont solid, es commu nous concentrons sur les réalités matérielles du sme et sur la maniere dont il continue A structur- options et nos ressources, nous pouvons développer des stratégies plus efficaces deman- dant ce que nos différentes positions sociales permettent et interdisent, et comment nous pourrions mettre ces différences au serviee dobjectifs communs. Mike Gould- hawke explique que «les gens considerent le colon comme une identité personnelle, mais il s'agit plutdt d'une rela- tion catégorique entre un sujet social et les Etats coloni- aux».# Comme le dit La Paperson, le terme de colon (et dAutochtone, et d'esclave) déerit «des relations de pou voir par rapport a la terre. Il se rapproche d'identité, mais st pas une identité en soi» Au lie de tenter de fuir ces Gtiquettes, nous devrions faire un meilleur usage de notre temps et nous coneentrer A transformer les condi- tions qui produisent ces rapports de pouvoir. coloniall er nos vies, nos cen' Le positionnement social comme seule lentille d'analyse pour développer une stratégie révolutionnaire est bien sir insuffisant. Ce que les gens souhaitent voir advenir com- 9 me monde, quelles que soient leurs vies actuelles, releve dune importance indéniable. Nous devons toutefois étre capables de voir et de comprendre les différentes réalité matérielles de ceux qui nous entoure si on souhaite voir former dans I'avenir que nous voulor mble. Voir ces réalités pour ce quelles sont, et pourquo elles sont, nous montre que les relations que les colons établissent avee la terre sont bien moins importantes que celles que nous arrivons a démanteler. 11 est évident que soutenir la résurgence de lautonomie ter- ritoriale autochtone doit étre une priorité plus importante que de construire notre propre autonomie territoriale. La question qui se pose alors est de savoir comment con- struire et maintenir des formations qui peuvent offrir un soutien et une solidarité sur le long terme aux population: autochtones qui luttent contre IEtat colonial, et comment cultiver au mieux une politique qui continuera a répondre aux contextes, relations et terrains changeants de cette lutte commune pour Pautodétermination et la fin du capi- talisme, du colonialisme et du Canada Notes 3 Rattachements est disponible en frangais ici: https:// contrepoints.media/fi/posts/rattachements-pour-une- ceologie-de-la-presence et en anglais i : hitps/All- willeditions.com/re-attachments/ Inhabit est disponible en anglais ici : hitps://inhabit global et en frangais ici : hitpsi/contrepoints.media/fr/ posts/habiter-instructions-pour-lautonomie . La tra- duction québecoise dInhabit est sortie le 15 février 2021. Je pensy aire de souligner qu'une modification importante a été apportée a cette version québecoise sans note de traduction ni explication. A la phrase